dimanche 3 août 2008

Daily Life

Elle avait ingurgité café sur café toute la journée.

Au départ, c'était juste pour se réveiller, pour se donner l'énergie de faire quelque chose de son dimanche, ne serait-ce que les sacro-saintes corvées sans cesse repoussées au lendemain, comme le veut la tradition chez l'étudiant/chômeur moyen. Et puis le temps que la caféine agisse, il avait bien fallut s'occuper. Elle s'était administré en intra-veineuse une impressionnante quantité de films les jours passés, et l'effet lobotomisant escompté ne marchait plus aussi bien. Se noyer dans le travail semblait à présent la meilleure alternative. Concentrée, elle n'avait pas compté combien de fois elle avait "refait le niveau" dans la tasse. Depuis longtemps déjà, elle ne connaissait plus la phase de surexcitation qu'engendre la "toute première des drogues" (comme l'appelait son père). Seulement celle d'après, où l'on se rend compte qu'il est déjà trop tard, le cœur au bord des lèvres, la tête qui ne sait plus si elle fonctionne trop vite ou trop lentement, l'abattement soudain. La fatigue, l'extrême fatigue d'être soi. Et son pendant: l'impossibilité totale de s'endormir, l'oppressante impression de penser en TGV, trop vite pour réfléchir, pas assez pour oublier.

Aujourd'hui encore, le téléphone n'a pas sonné.



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